Comma

Les archives d’un crime de masse : comment « traiter » les archives de la traite négrière française ?

Comma (2016), 2016, (1-2), 93–104.

Abstract

Le port de La Rochelle fut au XVIIIe siècle le deuxième port négrier de France. Situées dans cette ville, les Archives départementales de la Charente-Maritime conservent un fonds exceptionnel de sources qui illustrent le fonctionnement de la traite vue de France, et témoignent de ce commerce souvent très lucratif, véritable « crime ordinaire », intégré dans un vaste système d’échanges mondialisés. Davantage que l’histoire de la traite et de ses conséquences jusqu’à nos jours – aspects bien étudiés par ailleurs – la réflexion porte sur le rôle des archives et leur utilisation auprès du public. Si l’on croit que la justice et la réconciliation passent nécessairement par l’existence et l’utilisation d’archives exploitables, si l’on pense que les archives ont un rôle décisif à jouer dans le cas de violations massives des droits humains, alors comment évoquer ce « crime de masse » à travers ces documents ? Le problème se pose d’autant plus qu’ils sont largement issus de ceux qui ont perpétré le crime, non de ceux qui l’ont subi. Comment les utiliser, dès lors, pour « témoigner » au nom des esclaves ? Comment remédier aux importantes lacunes dans ces fonds ? Quel discours pédagogique peut-on tenir à destination des Européens d’aujourd’hui pour leur faire appréhender une réalité éloignée, ou déformée par des enjeux actuels ? Comment tenir compte de l’hypersensibilité sur cette question, tout en évitant les récupérations anachroniques ou les surinterprétations ?

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Author details

Pairault, Louis-Gilles