Francosphères

Borders and Bridges

Configuring the Feminine in Lalla Essaydi's Photography

Francosphères (2013), 2, (1), 87–103.

Abstract

In her photographic series such as Femmes du Maroc and Harem, US-based Moroccan artist Lalla Essaydi uses women from the Moroccan diaspora or women from her family as models and restages canonical nineteenth-century European Orientalist paintings. Postures of the original paintings are kept as a vestige of the orientalist gaze and its long-lasting effect in the perception of Arab and Muslim women. However, male characters, Orientalist accoutrements, and lush colours are removed. Nude female characters are doubly veiled, covered with a uniform fabric and with Arabic calligraphy done in henna. Some photographs also deploy the actual architecture of the harem in which the women are embedded, thus creating an unsettling harmony. This article analyses the way in which Essaydi uses the proximity between competing signs and techniques (Western, Oriental, male, female, sacred, profane…) to expose Western obsessions and address issues of gender, confinement, violence, and resistance as related to women in historical and contemporary Arab and Muslim societies. Investigating Essaydi's media (writing, photography, calligraphy, and painting), the article also critically engages with that which makes Essaydi's work an edgy and poignant expression of the new Morocco within a global perspective.

Lalla Essaydi, une artiste marocaine établie aux États-Unis, réalise des photographies dans lesquelles elle reproduit des tableaux orientalistes européens du XIXème siècle. Pour souligner l'impact du regard orientaliste sur la perception des femmes arabo-musulmanes, Essaydi préserve les compositions des tableaux originaux. Cependant, pour se distancer de leur message, celle-ci expulse les personnages masculins et purifie les décors en les dépouillant des couleurs luxueuses et de la pléthore d'objets exotiques. Les personnages féminins nus sont doublement couverts avec un tissu uniforme sous une écriture arabe calligraphiée et faite avec du henné. D'autres photographies mobilisent l'espace réel du harem dans lequel les femmes sont encastrées, ce qui crée une harmonie déstabilisante. Cet article explore la manière dont Essaydi exploite la proximité entre signes divergents (occidentaux, orientaux, masculins, féminins, sacrés, profanes…) pour dénoncer les obsessions de l'Occident et traiter les relations entre féminin et masculin ainsi que les notions d'enfermement, de violence et de résistance en relation aux femmes dans les sociétés arabo-musulmanes historiques et contemporaines. Prenant en compte les médias divers utilisés par Essaydi (l'écriture, la photographie, la calligraphie et la peinture), l'article analyse ces aspects qui font de l'œuvre d'Essaydi une expression poignante et extrêmement contemporaine du nouveau Maroc aux prises de la mondialisation.

Borders and Bridges

Configuring the Feminine in Lalla Essaydi's Photography

Abstract

In her photographic series such as Femmes du Maroc and Harem, US-based Moroccan artist Lalla Essaydi uses women from the Moroccan diaspora or women from her family as models and restages canonical nineteenth-century European Orientalist paintings. Postures of the original paintings are kept as a vestige of the orientalist gaze and its long-lasting effect in the perception of Arab and Muslim women. However, male characters, Orientalist accoutrements, and lush colours are removed. Nude female characters are doubly veiled, covered with a uniform fabric and with Arabic calligraphy done in henna. Some photographs also deploy the actual architecture of the harem in which the women are embedded, thus creating an unsettling harmony. This article analyses the way in which Essaydi uses the proximity between competing signs and techniques (Western, Oriental, male, female, sacred, profane…) to expose Western obsessions and address issues of gender, confinement, violence, and resistance as related to women in historical and contemporary Arab and Muslim societies. Investigating Essaydi's media (writing, photography, calligraphy, and painting), the article also critically engages with that which makes Essaydi's work an edgy and poignant expression of the new Morocco within a global perspective.

Lalla Essaydi, une artiste marocaine établie aux États-Unis, réalise des photographies dans lesquelles elle reproduit des tableaux orientalistes européens du XIXème siècle. Pour souligner l'impact du regard orientaliste sur la perception des femmes arabo-musulmanes, Essaydi préserve les compositions des tableaux originaux. Cependant, pour se distancer de leur message, celle-ci expulse les personnages masculins et purifie les décors en les dépouillant des couleurs luxueuses et de la pléthore d'objets exotiques. Les personnages féminins nus sont doublement couverts avec un tissu uniforme sous une écriture arabe calligraphiée et faite avec du henné. D'autres photographies mobilisent l'espace réel du harem dans lequel les femmes sont encastrées, ce qui crée une harmonie déstabilisante. Cet article explore la manière dont Essaydi exploite la proximité entre signes divergents (occidentaux, orientaux, masculins, féminins, sacrés, profanes…) pour dénoncer les obsessions de l'Occident et traiter les relations entre féminin et masculin ainsi que les notions d'enfermement, de violence et de résistance en relation aux femmes dans les sociétés arabo-musulmanes historiques et contemporaines. Prenant en compte les médias divers utilisés par Essaydi (l'écriture, la photographie, la calligraphie et la peinture), l'article analyse ces aspects qui font de l'œuvre d'Essaydi une expression poignante et extrêmement contemporaine du nouveau Maroc aux prises de la mondialisation.


Details

Author details

Hachad, Naïma