Francosphères

The labour of giving

Global networks, humanitarianism, and the visual culture of Haitian earthquake relief

Francosphères (2015), 4, (1), 85–104.

Abstract

Shortly following the 2010 Port-au-Prince earthquake, humanitarian communications specialists hailed a ‘new culture’ in disaster relief, one enabled by advances in new communications technology. The latter, they argued, were poised drastically to transform practices of rescue and aid. In this article, I argue that this ‘new culture’ should be seen as a mass phenomenon as it extended well beyond the professional humanitarian community to include average internet-users of the Global North. US users not only accessed a wealth of digitized (most often visual) material from the quake zone, but they were also encouraged to participate in the relief effort by downloading fund-raising kits, making digital donations, or merely following and ‘liking’ their favourite aid organizations. I argue that post-quake digital advocacy and action functioned as affective or immaterial labour, the unpaid work of communicating messages, ideologies, and knowledges, and of producing bio-power. As such, I suggest that, following the quake, the average citizen-user of the Global North was integrated into ‘strategic complexes’ (alongside humanitarian institutions, the state, private interests, the military, etc.), and that these power complexes (with their aim to police, contain, and profit from disaster) were the real beneficiaries of the added value gained from advocacy, action, affect, and charitable giving.

Suite au tremblement de terre de 2010 à Port-au-Prince, des spécialistes en communications ont identifié une ‘nouvelle culture’ au sein des organisations humanitaires. Selon ces premiers, cette culture a été nourrie par les avancements dans l’informatique, technologies de communication qui était sur le point de transformer d’une manière dramatique les pratiques de secours et d’aide. Dans cet article, je constate que nous devrions voir dans cette ‘nouvelle culture’ les contours d’un phénomène de masse parce qu’elle gagne, au-delà du domaine de l’humanitarisme professionnel, le grand public des utilisateurs d’internet du Nord. D’un côté, aux États Unis, les utilisateurs avaient bien accès à une grande quantité d’information (souvent visuel) provenant de l’espace géographique du tremblement de terre. De l’autre, on leur a proposé en même temps de participer eux-mêmes au projet de secours à force de télécharger les indications pour collecter des fonds, faire des dons numériques, ou simplement suivre ou ‘aimer’ leurs organisations préférées. Je constate donc que ce genre de soutien et d’action de la part du grand public des utilisateurs se transforme en travail dit affectif ou immatériel, c’est-à-dire un travail non-rémunéré de communiquer les messages, les idéologies, les discours, les savoirs, et de reproduire le ‘bio-pouvoir’. Je suggère donc que le citoyen-utilisateur du Nord suite au tremblement de terre en Haïti 2010 a été intégré dans des ‘complexes stratégiques’ (qui comprennent les institutions humanitaires, l’état, le secteur privé, l’armée, etc.) et que ces complexes stratégiques, qui ont le but de maîtriser, surveiller et tirer profit du désastre, ont été les véritables bénéficiaires du surplus tiré d’un travail devenu immatériel et affectif, à savoir le soutien, l’action, la charité, et les actes bénévoles des publics du Nord.

The labour of giving

Global networks, humanitarianism, and the visual culture of Haitian earthquake relief

Abstract

Shortly following the 2010 Port-au-Prince earthquake, humanitarian communications specialists hailed a ‘new culture’ in disaster relief, one enabled by advances in new communications technology. The latter, they argued, were poised drastically to transform practices of rescue and aid. In this article, I argue that this ‘new culture’ should be seen as a mass phenomenon as it extended well beyond the professional humanitarian community to include average internet-users of the Global North. US users not only accessed a wealth of digitized (most often visual) material from the quake zone, but they were also encouraged to participate in the relief effort by downloading fund-raising kits, making digital donations, or merely following and ‘liking’ their favourite aid organizations. I argue that post-quake digital advocacy and action functioned as affective or immaterial labour, the unpaid work of communicating messages, ideologies, and knowledges, and of producing bio-power. As such, I suggest that, following the quake, the average citizen-user of the Global North was integrated into ‘strategic complexes’ (alongside humanitarian institutions, the state, private interests, the military, etc.), and that these power complexes (with their aim to police, contain, and profit from disaster) were the real beneficiaries of the added value gained from advocacy, action, affect, and charitable giving.

Suite au tremblement de terre de 2010 à Port-au-Prince, des spécialistes en communications ont identifié une ‘nouvelle culture’ au sein des organisations humanitaires. Selon ces premiers, cette culture a été nourrie par les avancements dans l’informatique, technologies de communication qui était sur le point de transformer d’une manière dramatique les pratiques de secours et d’aide. Dans cet article, je constate que nous devrions voir dans cette ‘nouvelle culture’ les contours d’un phénomène de masse parce qu’elle gagne, au-delà du domaine de l’humanitarisme professionnel, le grand public des utilisateurs d’internet du Nord. D’un côté, aux États Unis, les utilisateurs avaient bien accès à une grande quantité d’information (souvent visuel) provenant de l’espace géographique du tremblement de terre. De l’autre, on leur a proposé en même temps de participer eux-mêmes au projet de secours à force de télécharger les indications pour collecter des fonds, faire des dons numériques, ou simplement suivre ou ‘aimer’ leurs organisations préférées. Je constate donc que ce genre de soutien et d’action de la part du grand public des utilisateurs se transforme en travail dit affectif ou immatériel, c’est-à-dire un travail non-rémunéré de communiquer les messages, les idéologies, les discours, les savoirs, et de reproduire le ‘bio-pouvoir’. Je suggère donc que le citoyen-utilisateur du Nord suite au tremblement de terre en Haïti 2010 a été intégré dans des ‘complexes stratégiques’ (qui comprennent les institutions humanitaires, l’état, le secteur privé, l’armée, etc.) et que ces complexes stratégiques, qui ont le but de maîtriser, surveiller et tirer profit du désastre, ont été les véritables bénéficiaires du surplus tiré d’un travail devenu immatériel et affectif, à savoir le soutien, l’action, la charité, et les actes bénévoles des publics du Nord.


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Author details

Kaussen, Valerie