Francosphères

L’Écran du bestiaire

Narration, indigenization, and strategic exoticism in Alain Mabanckou’s Mémoires de porc-épic and Patrice Nganang’s Temps de chien

Francosphères (2016), 5, (2), 167–182.

Abstract

The most critically successful works of two Central African novelists writing in French, Alain Mabanckou and Patrice Nganang, are told from the point of view of a narrator who, for one reason or another, could be considered intellectually inferior to the average person. This article will show that by appropriating negative colonial stereotypes of Africans as child-like or animal-like, writers are able to provide a counter-discursive response to these stereotypes and gain greater stylistic freedom to indigenize the former colonial language, thanks to the intermediary of what we will call the intellectually subordinate narrator – a narrator who the reader expects, and therefore accepts, to be cognitively different. We will examine how this phenomenon works as a form of strategic exoticism in Mabankou’s Mémoires de porc-épic (2006) and Nganang’s Temps de chien (2001).

Les romans les plus primés de deux écrivains d’expression française d’Afrique centrale, Alain Mabanckou et Patrice Nganang, sont racontés par un narrateur qui, pour diverses raisons, est aperçu comme intellectuellement inférieur à la personne moyenne. Cet article montrera qu’en s’appropriant les stéréotypes coloniaux qui dépeignent les Africains comme des enfants ou des animaux, les écrivains réussissent à donner une réponse contre-discursive aux stéréotypes et à obtenir la liberté stylistique pour indigéniser l’ancienne langue coloniale, grâce à l’intermédiaire du narrateur intellectuellement subordonné – c’est-à-dire un narrateur qui est aperçu, et donc accepté, comme différent intellectuellement par le lecteur. Nous examinerons le fonctionnement de ce phénomène dans Mémoires de porc-épic d’Alain Mabanckou (2006) et Temps de chien de Patrice Nganang (2001).

L’Écran du bestiaire

Narration, indigenization, and strategic exoticism in Alain Mabanckou’s Mémoires de porc-épic and Patrice Nganang’s Temps de chien

Abstract

The most critically successful works of two Central African novelists writing in French, Alain Mabanckou and Patrice Nganang, are told from the point of view of a narrator who, for one reason or another, could be considered intellectually inferior to the average person. This article will show that by appropriating negative colonial stereotypes of Africans as child-like or animal-like, writers are able to provide a counter-discursive response to these stereotypes and gain greater stylistic freedom to indigenize the former colonial language, thanks to the intermediary of what we will call the intellectually subordinate narrator – a narrator who the reader expects, and therefore accepts, to be cognitively different. We will examine how this phenomenon works as a form of strategic exoticism in Mabankou’s Mémoires de porc-épic (2006) and Nganang’s Temps de chien (2001).

Les romans les plus primés de deux écrivains d’expression française d’Afrique centrale, Alain Mabanckou et Patrice Nganang, sont racontés par un narrateur qui, pour diverses raisons, est aperçu comme intellectuellement inférieur à la personne moyenne. Cet article montrera qu’en s’appropriant les stéréotypes coloniaux qui dépeignent les Africains comme des enfants ou des animaux, les écrivains réussissent à donner une réponse contre-discursive aux stéréotypes et à obtenir la liberté stylistique pour indigéniser l’ancienne langue coloniale, grâce à l’intermédiaire du narrateur intellectuellement subordonné – c’est-à-dire un narrateur qui est aperçu, et donc accepté, comme différent intellectuellement par le lecteur. Nous examinerons le fonctionnement de ce phénomène dans Mémoires de porc-épic d’Alain Mabanckou (2006) et Temps de chien de Patrice Nganang (2001).


Details

Author details

Welton, Jesse