Francosphères

Transmitting violence

The scarred body in Assia Djebar’s Femmes d’Alger dans leur appartement

Francosphères (2016), 5, (2), 151–166.

Abstract

In the aftermath of the Algerian War of Independence, and in the late twentiethcentury context of growing fundamentalist violence in Algeria, Assia Djebar’s work interrogates the public and private roles of women and the ways in which their stories are transmitted. This article argues that in Femmes d’Alger dans leur appartement (1980), the scarred body acts as a palimpsest, representing past and present violences, demonstrating ways of transmitting trauma that reject both linear narrative and monolithic ideas of national memory. In close readings of two of the collection’s short stories that take the injured body as their focal narrative point, ‘Femmes d’Alger dans leur appartement’ and ‘La Femme qui pleure’, the article engages with trauma theory to examine the role of storytelling and language in the post-war context. Three main aspects of these short stories are discussed as locations of (potentially problematic) transmission between characters, and between writer and reader: a) the centrality of the injured body as a narrative starting point; b) the juxtaposition of private and public spaces and the gendering of those spaces; and c) the importance of touch and sexuality to the transmission of the traumatic experience. These aspects of Femmes d’Alger dans leur appartement create a post-war fictional mode that denies the possibility of a singular national/nationalist discourse around the survival of torture, and around involvement in the War of Independence more generally, in contemporary Algeria.

Après la guerre d’indépendance algérienne, et dans le contexte des violences islamistes en hausse en Algérie à la fin du 20e siècle, l’œuvre d’Assia Djebar remet en question les rôles publics et privés des femmes, et la façon dont leurs histoires sont transmises. Cet article suggère que, dans le recueil Femmes d’Alger dans leur appartement (1980), le corps blessé est un palimpseste qui représente les violences du passé et du présent, et qui montre comment transmettre des traumas qui rejettent simultanément un récit linéaire et une idée monolithique de la mémoire nationale. En analysant deux nouvelles qui prennent comme point central le corps féminin blessé, « Femmes d’Alger dans leur appartement » et « La Femme qui pleure », cet article s’appuie sur la théorie du trauma [trauma theory] afin d’examiner le rôle de la narration et de la langue dans un contexte d’après-guerre. Trois points principaux sont envisagés comme des lieux de transmission (éventuellement problématique) entre les personnages, et entre l’écrivaine et ses lecteurs: a) la centralité du corps violenté comme point de départ narratif; b) la juxtaposition des espaces publics et privés et le genre [gendering] de ces espaces; et c) l’importance du toucher et de la sexualité dans la transmission de l’expérience traumatique. Ces aspects de Femmes d’Alger dans leur appartement créent un genre d’aprèsguerre qui renie la possibilité d’un discours national/nationaliste unique au sujet de la torture et de la participation dans la guerre d’indépendance en Algérie contemporaine.

Transmitting violence

The scarred body in Assia Djebar’s Femmes d’Alger dans leur appartement

Abstract

In the aftermath of the Algerian War of Independence, and in the late twentiethcentury context of growing fundamentalist violence in Algeria, Assia Djebar’s work interrogates the public and private roles of women and the ways in which their stories are transmitted. This article argues that in Femmes d’Alger dans leur appartement (1980), the scarred body acts as a palimpsest, representing past and present violences, demonstrating ways of transmitting trauma that reject both linear narrative and monolithic ideas of national memory. In close readings of two of the collection’s short stories that take the injured body as their focal narrative point, ‘Femmes d’Alger dans leur appartement’ and ‘La Femme qui pleure’, the article engages with trauma theory to examine the role of storytelling and language in the post-war context. Three main aspects of these short stories are discussed as locations of (potentially problematic) transmission between characters, and between writer and reader: a) the centrality of the injured body as a narrative starting point; b) the juxtaposition of private and public spaces and the gendering of those spaces; and c) the importance of touch and sexuality to the transmission of the traumatic experience. These aspects of Femmes d’Alger dans leur appartement create a post-war fictional mode that denies the possibility of a singular national/nationalist discourse around the survival of torture, and around involvement in the War of Independence more generally, in contemporary Algeria.

Après la guerre d’indépendance algérienne, et dans le contexte des violences islamistes en hausse en Algérie à la fin du 20e siècle, l’œuvre d’Assia Djebar remet en question les rôles publics et privés des femmes, et la façon dont leurs histoires sont transmises. Cet article suggère que, dans le recueil Femmes d’Alger dans leur appartement (1980), le corps blessé est un palimpseste qui représente les violences du passé et du présent, et qui montre comment transmettre des traumas qui rejettent simultanément un récit linéaire et une idée monolithique de la mémoire nationale. En analysant deux nouvelles qui prennent comme point central le corps féminin blessé, « Femmes d’Alger dans leur appartement » et « La Femme qui pleure », cet article s’appuie sur la théorie du trauma [trauma theory] afin d’examiner le rôle de la narration et de la langue dans un contexte d’après-guerre. Trois points principaux sont envisagés comme des lieux de transmission (éventuellement problématique) entre les personnages, et entre l’écrivaine et ses lecteurs: a) la centralité du corps violenté comme point de départ narratif; b) la juxtaposition des espaces publics et privés et le genre [gendering] de ces espaces; et c) l’importance du toucher et de la sexualité dans la transmission de l’expérience traumatique. Ces aspects de Femmes d’Alger dans leur appartement créent un genre d’aprèsguerre qui renie la possibilité d’un discours national/nationaliste unique au sujet de la torture et de la participation dans la guerre d’indépendance en Algérie contemporaine.


Details

Author details

Vendetti, Maria