Francosphères

Photophages: Tourists, natives, and stylistic quirks in Georges Perec’s Tentative d’épuisement d’un lieu parisien

Francosphères (2016), 5, (1), 103–124.

Abstract

In October 1974, Georges Perec spent three days observing everyday life of the Place Saint-Sulpice in Paris’s 6th arrondissement. Examining the written trace of that experiment, Tentative d’épuisement d’un lieu parisien (1975), this article demonstrates how travel and critical race theories can be used to open up new perspectives on the politics and poetics of Oulipian writing exercises. Whereas many critics have read this text as pure formal experimentation or in relation to biographical concerns, the present article shows the importance of evolving patterns of global circulation in the mid-1970s for understanding TELP’s stylistic oddities and modalities of enunciation. It further explores how the disproportionate attention paid to passing tourists and tour buses creates tiny fissures in a writing project meant to focus on the banal and the ordinary. Promoting a new anthropology of the self, Perec attempts to concentrate on the ‘endotique’ rather than the ‘exotique’ in his chosen terrain. However, the frequent appearance of tourists in the text – including a fleeting representation of Japanese tourists as stereotyped ‘photo-eaters’ – draws our attention to the ways in which the spatial practices of tourists place pressure on new forms of ‘vertical’ travel and self-exploration.

En octobre 1974, Georges Perec a passé trois jours à observer la vie quotidienne de la Place Saint-Sulpice dans le 6e arrondissement à Paris. En examinant la trace écrite de son expérience, publiée en 1975 sous le titre Tentative d’épuisement d’un lieu parisien, cet article démontre comment des approches critiques à l’étude des pratiques et récits de voyage, ainsi que la critical race theory peuvent servir à ouvrir de nouvelles perspectives sur la politique et la poétique de l’écriture oulipienne. Tandis que beaucoup de critiques n’ont vu dans ce texte que de l’expérimentation formelle ou ont privilégié des considérations biographiques, le présent article souligne l’importance de nouveaux trajectoires et systèmes de mobilité globale au milieu des années 1970 pour mieux comprendre les ‘excentricités stylistiques’ et les modalités d’énonciation de TELP. De plus, on explore comment l’attention excessive donnée au passage de touristes et de cars touristiques crée de menues fissures dans un projet d’écriture qui se voulait une exploration du banal et de l’ordinaire. Promouvant une nouvelle anthropologie du soi, Perec cherche à se concentrer sur ‘l’endotique’ au lieu de l’exotique dans son terrain choisi. Pourtant, l’apparition fréquente de touristes dans le texte – y compris l’évocation fugitive de touristes japonais sous les traits stéréotypés de ‘photophages’ – attire notre attention à la façon dont les pratiques spatiales de touristes mettent la pression sur le voyage ‘vertical’ et l’exploration de soi.

Photophages: Tourists, natives, and stylistic quirks in Georges Perec’s Tentative d’épuisement d’un lieu parisien

Abstract

In October 1974, Georges Perec spent three days observing everyday life of the Place Saint-Sulpice in Paris’s 6th arrondissement. Examining the written trace of that experiment, Tentative d’épuisement d’un lieu parisien (1975), this article demonstrates how travel and critical race theories can be used to open up new perspectives on the politics and poetics of Oulipian writing exercises. Whereas many critics have read this text as pure formal experimentation or in relation to biographical concerns, the present article shows the importance of evolving patterns of global circulation in the mid-1970s for understanding TELP’s stylistic oddities and modalities of enunciation. It further explores how the disproportionate attention paid to passing tourists and tour buses creates tiny fissures in a writing project meant to focus on the banal and the ordinary. Promoting a new anthropology of the self, Perec attempts to concentrate on the ‘endotique’ rather than the ‘exotique’ in his chosen terrain. However, the frequent appearance of tourists in the text – including a fleeting representation of Japanese tourists as stereotyped ‘photo-eaters’ – draws our attention to the ways in which the spatial practices of tourists place pressure on new forms of ‘vertical’ travel and self-exploration.

En octobre 1974, Georges Perec a passé trois jours à observer la vie quotidienne de la Place Saint-Sulpice dans le 6e arrondissement à Paris. En examinant la trace écrite de son expérience, publiée en 1975 sous le titre Tentative d’épuisement d’un lieu parisien, cet article démontre comment des approches critiques à l’étude des pratiques et récits de voyage, ainsi que la critical race theory peuvent servir à ouvrir de nouvelles perspectives sur la politique et la poétique de l’écriture oulipienne. Tandis que beaucoup de critiques n’ont vu dans ce texte que de l’expérimentation formelle ou ont privilégié des considérations biographiques, le présent article souligne l’importance de nouveaux trajectoires et systèmes de mobilité globale au milieu des années 1970 pour mieux comprendre les ‘excentricités stylistiques’ et les modalités d’énonciation de TELP. De plus, on explore comment l’attention excessive donnée au passage de touristes et de cars touristiques crée de menues fissures dans un projet d’écriture qui se voulait une exploration du banal et de l’ordinaire. Promouvant une nouvelle anthropologie du soi, Perec cherche à se concentrer sur ‘l’endotique’ au lieu de l’exotique dans son terrain choisi. Pourtant, l’apparition fréquente de touristes dans le texte – y compris l’évocation fugitive de touristes japonais sous les traits stéréotypés de ‘photophages’ – attire notre attention à la façon dont les pratiques spatiales de touristes mettent la pression sur le voyage ‘vertical’ et l’exploration de soi.


Details

Author details

Yoshioka-Maxwell, Livi