Francosphères

‘Des fils invisibles nous relient’

Comparative memory in Caribbean life-writing

Francosphères (2016), 5, (1), 25–38.

Abstract

This article contributes to debates on comparative approaches to the memory of the Holocaust and Atlantic slavery. It examines comparisons between colonial and Second World War histories in the récits d’enfance by three French-speaking Caribbean writers, Patrick Chamoiseau, Gisèle Pineau and Maryse Condé. It argues that because there are significant difficulties involved in approaching the Caribbean’s colonial history directly, these authors approach it obliquely through the more recent history of the Second World War. The comparative approaches of these literary texts anticipate events in the public sphere such as the 2001 recognition by the French government of slavery as a crime against humanity or Nicolas Sarkozy’s failed 2008 proposal that every French school child should be assigned one of the child victims of the Holocaust to remember. Attention to these comparative approaches is valuable because it points to connections between literature, collective memory and public policy and brings to light the multiple, intersecting histories at play in the French-speaking world. The article concludes by examining the ways in which literary language allows these authors to foreground the linguistic and imaginative processes which create links between separate historical events while maintaining a sense of their difference.

Cet article contribue aux débats qui portent sur les approches comparatives de l’histoire de la Shoah et de l’esclavage. Il examine des comparaisons entre les histoires de la colonisation et celles de la Deuxième Guerre mondiale à travers l’étude de trois textes écrits en français par des auteurs antillais, Patrick Chamoiseau, Gisèle Pineau et Maryse Condé. L’article affirme que puisque l’articulation directe de l’histoire de l’esclavage aux Antilles pose des difficultés importantes, ces auteurs l’abordent par le biais de l’histoire plus récente de la Deuxième Guerre mondiale. Ces comparaisons littéraires anticipent des démarches gouvernementales, telles que la Loi Taubira de 2001, qui reconnaît l’esclavage comme crime contre l’humanité, ou le projet de Nicolas Sarkozy sur le parrainage des enfants de la Shoah qui a été proposé en 2008. L’étude des approches comparatives de ces auteurs met en évidence les liens entre la littérature, la mémoire collective et la politique, et fait voir l’imbrication des histoires multiples du monde francophone. L’article se clôt sur une exploration des façons dont le langage littéraire permet à ces auteurs d’attirer l’attention sur des processus linguistiques et créatifs qui peuvent établir des liens entre des événements historiques séparés sans perdre de vue leurs différences.

‘Des fils invisibles nous relient’

Comparative memory in Caribbean life-writing

Abstract

This article contributes to debates on comparative approaches to the memory of the Holocaust and Atlantic slavery. It examines comparisons between colonial and Second World War histories in the récits d’enfance by three French-speaking Caribbean writers, Patrick Chamoiseau, Gisèle Pineau and Maryse Condé. It argues that because there are significant difficulties involved in approaching the Caribbean’s colonial history directly, these authors approach it obliquely through the more recent history of the Second World War. The comparative approaches of these literary texts anticipate events in the public sphere such as the 2001 recognition by the French government of slavery as a crime against humanity or Nicolas Sarkozy’s failed 2008 proposal that every French school child should be assigned one of the child victims of the Holocaust to remember. Attention to these comparative approaches is valuable because it points to connections between literature, collective memory and public policy and brings to light the multiple, intersecting histories at play in the French-speaking world. The article concludes by examining the ways in which literary language allows these authors to foreground the linguistic and imaginative processes which create links between separate historical events while maintaining a sense of their difference.

Cet article contribue aux débats qui portent sur les approches comparatives de l’histoire de la Shoah et de l’esclavage. Il examine des comparaisons entre les histoires de la colonisation et celles de la Deuxième Guerre mondiale à travers l’étude de trois textes écrits en français par des auteurs antillais, Patrick Chamoiseau, Gisèle Pineau et Maryse Condé. L’article affirme que puisque l’articulation directe de l’histoire de l’esclavage aux Antilles pose des difficultés importantes, ces auteurs l’abordent par le biais de l’histoire plus récente de la Deuxième Guerre mondiale. Ces comparaisons littéraires anticipent des démarches gouvernementales, telles que la Loi Taubira de 2001, qui reconnaît l’esclavage comme crime contre l’humanité, ou le projet de Nicolas Sarkozy sur le parrainage des enfants de la Shoah qui a été proposé en 2008. L’étude des approches comparatives de ces auteurs met en évidence les liens entre la littérature, la mémoire collective et la politique, et fait voir l’imbrication des histoires multiples du monde francophone. L’article se clôt sur une exploration des façons dont le langage littéraire permet à ces auteurs d’attirer l’attention sur des processus linguistiques et créatifs qui peuvent établir des liens entre des événements historiques séparés sans perdre de vue leurs différences.


Details

Author details

Cooper, Sara-Louise