Francosphères

Mobility and stasis

Ageing abroad in Abla Farhoud’s Le Bonheur a la queue glissante

Francosphères (2017), 6, (1), 7–20.

Abstract

Transnational mobility constitutes a frequent feature of much contemporary francophone women’s writing whose origins lie in territories with historical links to French colonial power. Yet whether configured as exile, migration, travel, or other, the experiences of transnational mobility described in postcolonial francophone women’s writing frequently focus on protagonists in childhood and early adulthood: the experiences and challenges of the exile, migrant, or traveller are seldom imagined in these texts as those of an individual in late adulthood or old age. This article analyses the intersection of ageing, mobility, and femininity in Abla Farhoud’s Le Bonheur a la queue glissante (1998), one of few narratives in French to broach the question of female ageing in migration. Reading the text in light of Sara Ahmed’s insights into the relationship between strangers, embodiment, and community (2000), the analysis reveals Farhoud’s challenge to any easy correlation between mobility and youth, and stasis and old age, and presents the potential of narratives of female ageing in migration as an underexplored space of dynamic space of growth and change that does not overlook the real bodily and subjective challenges of women’s ageing.

La mobilité transnationale constitue un thème fréquemment traité dans l’écriture contemporaine des femmes en français qui puise ses origines dans des territoires historiquement liés au pouvoir colonial français. Qu’elles se conçoivent comme exil, migration, voyage ou autre, les expériences de mobilité transnationale qui y sont décrites se concentrent le plus souvent sur la jeunesse: les expériences et défis de l’exil, la migration ou le voyage ne sont que rarement imaginées dans ces textes comme celles de personnes vieillissantes ou âgées. Cet article analyse le croisement entre les thèmes de la mobilité, du vieillissement et de la féminité dans Le Bonheur a la queue glissante d’Abla Farhoud (1998), l’un des rares récits en français à aborder la problématique du vieillissement féminin en situation de migration. En lisant ce texte à la lumière des conceptualisations de Sara Ahmed sur le rapport entre l’étrangéité, la corporéité et la communauté (2000), l’analyse révèle au coeur du roman une remise en question des équivalences faciles entre mobilité et jeunesse, et stagnation et vieillesse. Au contraire, il s’agit d’un récit du vieillissement féminin en situation de migration qui, tout en n’ignorant pas ses difficultés corporelles et subjectives, se présente comme un espace dynamique de croissance et de changement.

Mobility and stasis

Ageing abroad in Abla Farhoud’s Le Bonheur a la queue glissante

Abstract

Transnational mobility constitutes a frequent feature of much contemporary francophone women’s writing whose origins lie in territories with historical links to French colonial power. Yet whether configured as exile, migration, travel, or other, the experiences of transnational mobility described in postcolonial francophone women’s writing frequently focus on protagonists in childhood and early adulthood: the experiences and challenges of the exile, migrant, or traveller are seldom imagined in these texts as those of an individual in late adulthood or old age. This article analyses the intersection of ageing, mobility, and femininity in Abla Farhoud’s Le Bonheur a la queue glissante (1998), one of few narratives in French to broach the question of female ageing in migration. Reading the text in light of Sara Ahmed’s insights into the relationship between strangers, embodiment, and community (2000), the analysis reveals Farhoud’s challenge to any easy correlation between mobility and youth, and stasis and old age, and presents the potential of narratives of female ageing in migration as an underexplored space of dynamic space of growth and change that does not overlook the real bodily and subjective challenges of women’s ageing.

La mobilité transnationale constitue un thème fréquemment traité dans l’écriture contemporaine des femmes en français qui puise ses origines dans des territoires historiquement liés au pouvoir colonial français. Qu’elles se conçoivent comme exil, migration, voyage ou autre, les expériences de mobilité transnationale qui y sont décrites se concentrent le plus souvent sur la jeunesse: les expériences et défis de l’exil, la migration ou le voyage ne sont que rarement imaginées dans ces textes comme celles de personnes vieillissantes ou âgées. Cet article analyse le croisement entre les thèmes de la mobilité, du vieillissement et de la féminité dans Le Bonheur a la queue glissante d’Abla Farhoud (1998), l’un des rares récits en français à aborder la problématique du vieillissement féminin en situation de migration. En lisant ce texte à la lumière des conceptualisations de Sara Ahmed sur le rapport entre l’étrangéité, la corporéité et la communauté (2000), l’analyse révèle au coeur du roman une remise en question des équivalences faciles entre mobilité et jeunesse, et stagnation et vieillesse. Au contraire, il s’agit d’un récit du vieillissement féminin en situation de migration qui, tout en n’ignorant pas ses difficultés corporelles et subjectives, se présente comme un espace dynamique de croissance et de changement.


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Author details

Averis, Kate