Australian Journal of French Studies

Un exemple de transgression : l’intrusion de l’Italien dans Candide de Voltaire

Australian Journal of French Studies (2022), 59, (1), 89–101.

Abstract

This article considers the multi-faceted Italian in Voltaire’s philosophical tale Candide as figured in the old woman, the eunuch and Pococuranté. It examines the study of contradictory signs that make up the Italian ethnos in Candide, an example of projection in which the other, the foreigner, nevertheless remains undefinable. In the eighteenth century, the figure of the Italian was imbued with political and moral ambiguity. Often described through degrading stereotypes and a dampened discourse, the figure of the foreigner or other often mitigates the severity painted in a cruel, violent and immoral reality, a paradoxical reality that represents France and Italy in an epoch where disorder reigns, and in a century that, despite its attempts to wax philosophical, is not philosophical enough. Making the other speak, especially in his own language, therefore becomes a writerly ruse, a discursive strategy adopted by French philosophers and novelists such as Voltaire to communicate a reformist agenda, at once reactionary and rebellious. Through often denigrating commentary in Italian, the fictional discourse of the Enlightenment complicates a simpler classical narrativity and becomes a topos of transgression, a shocking locution, that, masked under the guise of a harmless farce, forces one to reflect on often humiliating topics such as rape, fanaticism, violence or injustice. A discourse overdetermined by a superficial ethnic referent thus underlies more serious preoccupations.

Au xviiie siècle, la figure de l’Italien se colore d’ambigüité politique et morale. L’Italien est souvent décrit à partir de stéréotypes dégradants identifiés par l’étude du personnage de l’étranger. Caractérisé par un discours souvent en sourdine, il sert à atténuer la peinture d’une réalité cruelle, violente et immorale. Cette réalité, certes paradoxale, est pourtant celle de la France et de l’Italie à une époque où le désordre règne, dans un siècle qui, à force de vouloir être philosophe, ne l’est pas suffisamment. Faire parler l’autre, et dans sa langue encore, n’est ainsi qu’une ruse d’écrivain, une stratégie discursive adoptée surtout par les philosophes et romanciers français tels que Voltaire, pour mieux communiquer un message réformiste, à la fois réactionnaire et frondeur. Par le truchement d’interventions le plus souvent dégradantes en italien, le discours fictionnel des Lumières trouble la simple narrativité classique et devient un topos de la transgression, une parole choquante qui, sous le masque anodin de la farce grossière, force la réflexion sur des sujets souvent humiliants tels que le viol, le fanatisme, la violence ou l’injustice. C’est sous cet angle que nous aborderons l’étude des signes contradictoires de l’ethnos italien dans Candide. Il s’agit en fait d’un cas de projection où l’autre, celui qui vient d’ailleurs, reste indéfinissable. Le discours surdéterminé par un référent ethnique superficiel sous-tend des préoccupations plus sérieuses. Dans cette étude, nous nous limiterons à esquisser le personnage à plusieurs têtes de l’Italien tel qu’il apparaît dans le conte philosophique Candide de Voltaire : la vieille, le castrat et Pococuranté.

Access Token
£25.00
READ THIS ARTICLE
If you have private access to this content, please log in with your username and password here
If you have private access to this content, please log in with your username and password here

Details

Author details

VISELLI, SANTE A.